Mercredi 17 février 2010 3 17 /02 /Fév /2010 09:18

Cette maudite marque avait fini par le mener de nouveau dans les plus profondes strates des Abysses. Les anciens textes parlaient de tribus et de symboles tatoués parmi les plus vieux Dragons. Un symbole d’allégeance… ou d’esclavage. Il fallait qu’ils sachent.

 

Leurs voyages les avaient menés aux frontières de lieux encore inexplorés. Des lieux où vivent les Dragons les plus anciens et sans doute les plus dangereux. La traque en était d’autant plus difficile. Arriver à isoler ces montres pour les abattre, effacer les traces, ne jamais se faire repérer… ici personne ne viendrait les chercher.

 

[…]

 

Le repos avait encore été court et le templier se réveilla, ouvrant les yeux une fois de plus sur la noirceur des Abysses, le corps dénudé de Shola encore blottie contre lui. Il était déjà temps de repartir, il ne fallait jamais rester trop longtemps au même endroit.

 

Au soir, une fois de plus, ils devaient échapper à une sentinelle. Elle les avait repéré mais cherchait encore à quoi elle avait à faire exactement. Furtivement elle s’avançait de rochers en rochers, battant un coup d’ailes entre chacun des monticules suspendus dans le vide Abyssale, jusqu’au Jugement Inéluctable. Saisie à la gorge, elle se retrouva tirée dans l’ombre de la pierre froide où abattait déjà l’espadon de la gladiatrice. L’arme lourde se fracassant sur le crâne de la bête, l’épée du templier remonta sous la maigre armure du monstre pour en perforer le cœur, le dragon s’écroula presque sur place dans un gargouillis sanglant d’agonie.

 

Cette fois-ci était la bonne. Arrachant l’armure, les deux guerriers virent apparaitre ce tatouage si rare et si longtemps recherché.  Ce dragon rouge dansant autour de l’œil du monstre.


C’est bien celui-là cette fois…

Oui.

Il surveillait une espèce de camps, il ne faut pas trainer, ils ne tarderont pas à voir qu’il ne donne plus signe de vie.

Il faut trouver  le chef.

Ca ne devrait pas être très dur, en route.


Les armures ternies par les combats, déjà tellement maculées de sang, ne les trahirent pas lorsqu’ils approchèrent de ce qui ressemblait à un vieux camp de dragon. Le chef n’était en effet pas vraiment difficile à trouver aux vues de la taille imposante de la hutte centrale. Ils s’approchèrent à la limite de ce qu’ils pouvaient risquer, observant une étrange cérémonie qui se déroulait sous leurs yeux fatigués. Sa tête lui faisait mal… bien plus mal qu’à l’habitude, mais ce n’était vraiment pas le moment de s’occuper de ça.

 

Un puissant dragon arborant une tenue très semblable à ce que l’on pourrait trouver chez les chamans Kraals se tenait debout face à toute la tribu, lançant des paroles inconnues dans ce langage gutturale devenu presque familier a leurs oreilles. Levant son bras musculeux, chacun pu admirer l’étrange artefact enroulé autour de la main qui se mettait à briller. Une lueur aussi intense que la douleur qui envahissait le crâne de Cyan au même moment. Le templier en grinça des dents mais continuait à résister sous le regard inquiet de Shola… il fallait en apprendre plus.

 

L’étrange cérémonie s’acheva lorsque les dragons, a genoux devant leur maitre, se relevèrent pour observer ce dernier gravir un petit mont rocheux, se dirigeant vers ce qui semblait sans doute être un lieu sacré où dansaient quelques flammes le long du tortueux chemin qui montait jusqu’au sommet.

 

C’était l’occasion. Le chef isolé, c’était sans doute l’unique chance qu’ils avaient de pouvoir l’approcher. Se retirant discrètement, ils contournèrent la zone dans un vol silencieux pour arriver par l’arrière de ce lieu sacré. Toujours dissimulés dans l’ombre des rochers, ils guettèrent l’arriver de la bête vers ce qui semblait être un autel dédié à de mystérieuses divinités. Le temps semblait presque s’arrêter, si lent qu’ils ne voyaient toujours pas le Dragon arriver. Un frisson parcouru la nuque du templier, accompagné d’une pointe de douleur toujours au niveau de son œil, jusqu’à ressentir le pas lourd du dragon qui se posait juste dans leur dos. La bête toisait ces deux regards horrifiés avec ce que l’on aurait pu prendre pour un rictus d’amusement. Les mains glissèrent sur les pommeaux des armes mais déjà le Dragon levait le bras tenant l’artefact.  Un bijou ancien semblable à un très long bracelet de pierres étranges qui formait l’image d’un dragon rouge de sang sur l’avant-bras de son porteur. Artefact qui se mit à briller d’une intense lueur cramoisie à l’instant même où une souffrance innommable envahit  le crâne de Cyan. Quelques mots à peine compréhensibles s’échappèrent de la gueule du montre.

 

     -     Tu as osé revenir Daeva…

 

Cyan entendit à peine ces paroles, ses yeux dégoulinants déjà de larmes de sang alors qu’il tombait à genou devant la bête. Une indescriptible douleur lui ravageant le crâne, se répandant à travers tout son corps, presque jusqu’à son âme. Ses mains se crispèrent dans ses cheveux de nacre, se recroquevillant sur lui-même comme pour échapper a cette horreur sans nom.

 

Une lame siffla malgré tout, ne brisant que quelques écailles mais parvenant à érafler le précieux artefact dont la puissance se mit à vaciller. Le dragon hurla de rage, tentant de maitriser le flot d’Ether qui s’échappait de l’objet fendu par Shola. Elle profita du trop bref instant de distraction pour entrainer Cyan avec elle, les jetant tous deux dans le vide abyssal alors que le reste de la tribu accourait déjà à l’entente des beuglements de leur chef.

 

[…]

 

Cyan reprit connaissance dans les bras de Shola, elle avait fini par s’endormir d’épuisement et d’inquiétude, le tenant toujours serré contre elle dans cette petite crevasse rocheuse qu’elle avait pu trouver comme seul abri. Il n’avait rien compris à ce qui s’était passé sur l’instant… il les avait tout de suite repéré, sans doute avant même qu’ils ne grimpent sur le rocher, ils étaient tombés dans le piège avec une facilité déconcertante… « osé revenir » ?... Qu’est-ce qu’il a voulu dire ? Et cette emprise qu’il avait sur lui... il pensait venir chercher des réponses et tout n’en était que plus flou au final. Bien qu’il sache à présent d’où venaient ces infernaux maux de tête qui l’avait tenaillé durant ces derniers mois et qui par la même occasion l’avait attiré jusqu’ici.

 

Un symbole d’esclavage…

Son esprit épuisé sombrait de nouveau lentement dans l’inconscience…

 

[…]

 

Sanctum.


Depuis ce jour cette chose qui dormait en lui avait enfin fini par s’éveiller. Ce sang qui coulait dans ses veines depuis son Eveil, qu’il sentait bouillonner à chaque perte de contrôle de lui-même. Cette indescriptible soif de sang qui l’envahissait fréquemment.


Le trajet de retour lui avait donné du temps pour réfléchir au peu de réponses qu’il avait pu avoir, malgré cela certaines choses étaient devenues bien plus claires. Tout ceci n’était finalement que le reflet de sa nature, de son âme, le reflet de son Ether le plus pur.


Le Daeva du Sang revenait enfin au Sanctum. Cette ville où tout avait commencé, et dans laquelle aujourd’hui encore un nouveau chemin se dessinait devant lui. Ses yeux écarlates se posaient sur la ville endormie par la tombée de la nuit, un rictus de satisfaction se dessina sur son visage lorsqu’il porta à ses lèvres une lame aiguisée, perlant encore d’un sang frais.


Le couple traversa la ville jusqu’au grand canal pour disparaitre dans le vide.

 



Une odeur de sang planait dans les rues de la capitale ce soir là.

Par Cyan - Publié dans : ~~ Journal d'un jour ~~
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Jeudi 3 décembre 2009 4 03 /12 /Déc /2009 16:13
Un grand bravo pour cette belle cérémonie non soporifique et un hommage spécial à notre prètre préféré.

Par Cyan - Publié dans : Comme si on y était
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Jeudi 3 décembre 2009 4 03 /12 /Déc /2009 14:38
Shola l'avait trainé jusque dehors. Elle avait tout de suite reconnu les même symptômes qu'il y a quelques jours, le tirant à l'écart des curieux alors qu'il se tenait l'œil douloureusement.
Sa souffrance semblait s'amplifier lentement, les ongles de Cyan s'enfonçant au fur et a mesure dans les chaires, le sang perlant sur sa peau blanchâtre.

Lorsqu'Ebereth les rattrapa, le templier paraissait déchiré entre la douleur qui s'insinuait dans sa tête et une chose invisible qui l'attirait. Le soutient de Shola et les mantras de l'Aede n'eurent visiblement que peu d'effet et Cyan fini par s'écrouler, sombrant dans l'inconscience. Sa joue blanche parcouru d'une larme de sang écarlate.

Shola assistait à la scène pour la seconde fois, avec des effets apparemment encore plus prononcés qu'il y a quelques jours. Mais toujours dans la plus total incompréhension et impuissance.

Cyan repris conscience alors que ses yeux avait retrouvés leur couleur bleuté, le sang coulant encore légèrement de sa joue blessée.
La douleur s'estompait doucement sous les soins d'Ebereth, mais impossible pour lui non plus de comprendre ce qu'il se passait. Cette nouvelle crise l'avait encore vidé de ses forces mais n'avait pas apporté plus de réponses, bien au contraire.
Par Cyan - Publié dans : ~~ Journal d'un jour ~~
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Lundi 14 septembre 2009 1 14 /09 /Sep /2009 16:51
Il ne quitte jamais la ceinture d'Ebereth, un carnet à l'aspect usé et ancien, lourd de pages rajoutées et du poids des légendes. Un petit crayon est commodément fixé à la couverture afin que l'aède puisse saisir l'instant qui passe à la pointe de sa mine. Il est rare qu'un skald confie ses pensées au vélin, convaincu que le verbe est libre et qu'un souffle de voix lui permet de voler quand le poids de l'encre le cloue au papier. Lorsque le sanctuaire des Chasseurs de Dragons étend ses ailes protectrices autour de ses enfants, la jeune femme laisse le livret à la bibliothèque afin que d'autres puissent le lire et perpétuer à leur tour la tradition épique.


Sur l'or pâle des épis courbés
Les ombres vivantes et penchées
des hommes de la terre,
la lumière du jour à leurs fronts insouciants
tisse l'éclat du bonheur

L'alarme assonnante brise aux oreilles et,
sous le martèlement dur de la charge des kralls
les fronts se plissent
puis se fanent
Douleur !

Les nobles tiges, les corps fauchés.
Deux âmes tombent, qui n'auraient dû tomber.
Et sur les bordures accrochés à leur lances
gisent les défenseurs, plus aucun ne s'avance.

Sanctum est prévenu !
Il suffit de tenir !
Mais Aion ! Qui tiendra ?
Sans rompre, sans faillir ?

Au milieu du carnage,
les survivants s'avancent
et tombent sur les corps des chers disparus.

Cyan est parmi eux, plus blond, plus grand
et sur les blés fauchés,
git la chair de sa chair ; leur sang
appelle et crie vengeance.

Cyan tombe en larmes
sur les gisants bien aimés.
la douleur, la perte, Maudits !
Maudits soient les Kralls, ils paieront pour ce drame !

Aion le divin s'émeut,
De la douleur immense, naît la rage,
Des larmes, le Pouvoir surgit
Et Cyan, aveuglé par la peine,
Enveloppe de ses ailes ses parents chéris.

La bataille fait rage
autour du recueilli
Une lame jailli,
Qui brusquement s'arrête

Le Krall misérable s'enfuit
pour sauver sa tête
Le regard fou, Cyan le suit,



Puisqu'il faut tenir Cyan tiendra !
Les Kralls dépités retiennent leurs pas
et effrayés hésitent leur avance
Tandis que sur leurs corps, le Daeva danse

Aveuglé par la haine,
assourdi par les échos de la bataille
ces deux mots sonnent pour Cyan
comme une musique céleste
étrangement distincts dans le chaos ambiant

Hardi, Ami !

Deux Daeva envoyés par Sanctum
se joignent à lui et repoussent l'assaut.

Les Kralls se débandent, hurlent, fuient
Face aux divins protecteurs, nul n'est à l'abri,
et bientôt ne reste que leur chef,

Brave ou stupide,
ses yeux fixent le visage de Cyan,
ou il lit la haine
et le nom de sa mort.

Dans un dernier défi, il éclate de rire
Me tuer ne sert à rien, Daevas maudits !
Aion ne vous protègera pas
lorsque mon maitre viendra !

Dans les abysses il attend son heure
Et viendra le jour ou vainqueur
il piétinera vos corps et
offrira à chaque krall la peau d'un humain !

D'un seul coup plein de haine,
Cyan décapite la tête hilare
puis consulte les deux Daeva du regard

Les abysses sont terre maudites,
s'il le faut nous iront !

Les trois compagnons se mettent en route,
et l'on ignore où les ont menés leurs pas,
mais qu'un seul soit revenu
est ce dont personne ne doute.

Cyan seul reparait après plusieurs jours
le regard hagard et le visage mutilé,
le corps effondré et l'âme blessée
couvert du sang immonde des bêtes abyssales

Auréolé de gloire et de juste vengeance,
Il marche désormais sous la Lumière d'Aion.
Et sur sa joue lourde de larmes amères danse
A jamais l'ombre du Dragon


Auteur : Ebereth Amenutha
Par Cyan - Publié dans : Le recueil d'Ebereth
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Samedi 12 septembre 2009 6 12 /09 /Sep /2009 19:50
Sous le Sanctum résident quelques villages, pour la plupart désertés depuis bien longtemps. Phénomène engendré par l'envole de la cité qui déterriora peu à peu les conditions de vie dans l'ombre de cette belle ville.

C'est là bas qu'autrefois Cyan passa son enfance et qu'il aime parfois y retourner pour retrouver quelques souvenirs.
Par Cyan - Publié dans : ~~ Journal d'un jour ~~
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